La petite voix


Qui suis-je ?

 

 


 

 

Je passe mon enfance à  la campagne et j'ai la chance de grandir dans un environnement verdoyant. Notre maison est entourée d'un grand jardin et d'une rivière que j'aime écouter avant de m'endormir.  Les chats m'accompagnent le jour et la nuit. J'aime me réfugier dans leur poil et sentir leur odeur.

 

L'école est source d'angoisse et de frustrations pendant 9 ans. Trop de compétition, trop d'heures à devoir rester immobile à écouter, trop de matières à assimiler dont je ne vois pas l'utilité future... Mon hypersensibilité aux situations, aux ambiances, aux bruits, aux champs énergétiques des autres me fragilise car je me sens souvent ébranlée et tellement différente que je garde tout cela bien enfoui. Je comprends que l'intégration rime avec adaptation, alors, je mets un masque. La nature est mon refuge, avec elle, je suis moi. Lorsque l'école obligatoire se termine, mes camarades pleurent, moi je souris. Enfin, la libération.

 

Entre 20 et 30 ans, je fais plusieurs études et obtiens plusieurs diplômes dont celui d'éducatrice spécialisée. Je travaille dans divers domaines : géronto-psychiatrie, petite enfance, toxicomanies en milieu ouvert et fermé, accueil d'urgence pour enfants et pour adultes. Je fais également une formation d'accompagnante de personnes en fin de vie à Strasbourg. Mon identité professionnelle dirige et remplit ma vie, à tel point que je passe mon temps à courir dans tous les sens. Je suis partout et je me disperse... J'oublie d'écouter mes antennes spirituelles.

 

 De 30 à 35 ans, je relève plusieurs "défis". Je construis mon identité sur les actions que je mène et la reconnaissance que j'obtiens. J'occupe plusieurs postes à responsabilité. Je continue donc à courir... avec mes petites médailles de "reconnaissance".

 

 A 35 ans, je donne naissance à ma fille. L'accouchement est difficile et je dois être transfusée. Je me sépare peu de temps après et découvre que ma fille a un  retard général de développement. Tout s'effondre. Je fais le choix  de la  déscolariser pour lui offrir un enseignement personnalisé. Je dois pour cela cesser de travailler. Je perds donc tous mes repères identitaires : je suis une maman avec une enfant qui suscite les interrogations, le regard ou le rejet de certains (es). Je décide d'éloigner le monde médical que je trouve inadéquat (dans l'hyper-médicalisation qu'il propose et les recherches de diagnostics sans fin...) et je traverse le désert, parfois jusqu'à l'épuisement. Accueillir ma fille implique de faire tomber mon masque.

 

Ecouter "ma petite voix" me permet de trouver une identité propre, autre que mon identité professionnelle, sans la reconnaissance d'autrui, de devenir une personne aimante et accueillante (pour ma fille, pour les autres et pour moi-même).  Ma fille m'apprend le jeu, la joie, le rire, elle devient parfois mon guide, ma lumière, comme mon pire cauchemar. Dans cette ambivalence, j'apprends l'équilibre, l'endurance et la patience. Je précise en souriant que je suis née avec le chiffre zéro dans la case patience.... 

J'apprends aussi avec beaucoup de soulagement, l'humour et la légèreté.

 

Dans ce cheminement, mes perceptions spirituelles s'affinent et je me sens soutenue par une force invisible et intense. Je me sens reliée à la nature et les animaux, et vis des synchronicités dans lesquelles le mental est absent.

Je ressens alors un besoin précieux d’offrir une présence autrement, non plus par la recherche d’objectifs à atteindre mais simplement par l'écoute,  les mots qui sonnent juste, le massage,  l'acte rituel… car le corps ne ment jamais, tout comme le langage du coeur.

 

Je propose  par mon écoute, un moment de détente pour les adultes et les enfants. Une pause pendant laquelle la légèreté et la douceur s'installent.

 

Je remercie la vie d'avoir ouvert mon coeur, d'avoir élargi mon regard pour apprendre à ETRE. Je suis toujours en apprentissage et je m'en réjouis.

Je remercie mes guides qui me rappellent si souvent que la seule force est l'AMOUR.